Le tourisme durable, défi numéro un de l'industrie du voyage
Mardi 15 Juillet 2008
Avec 1,6 milliard de touristes prévus en 2020 (contre 25 millions de touristes internationaux en 1950 !), le tourisme - première industrie mondiale - se préoccupe de son impact sur la nature et les cultures locales : le concept d'un tourisme durable, respectueux de la nature et des hommes, fait peu à peu son chemin.
De plus en plus de touristes cherchent l'immersion totale dans les pays qu’ils visitent, un voyage plus authentique, loin des foules. Les géants de l'industrie touristique mondiale ont commencé à exploiter ce filon du tourisme durable qui n'est plus l'apanage de militants "écolos" ou tiers-mondistes, et multiplient les campagnes de marketing "vertes".
Le tourisme durable reste encore marginal (environ 2% du tourisme total) mais il y a une forte progression. Marché de niche à la mode chez les « bobos » (= bourgeois-bohème), il se démocratise peu à peu.
Mais ce type de tourisme risque de "scier la branche sur laquelle il est assis" s'il ne limite pas les effets dévastateurs des voyages de masse sur la planète, ont prévenu les experts de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).
"Le tourisme est la fois victime et responsable du réchauffement climatique, il contribue pour près de 5% à l'émission des gaz à effet de serre", estime son président, Francesco Frangialli.
Ainsi les neiges du Kilimandjaro auront fondu au plus tard en 2020 et plusieurs îles paradisiaques (Les Maldives…) englouties par les flots : le changement climatique menace directement le fonds de commerce du tourisme.
La croissance vertigineuse du tourisme pourrait conduire à une augmentation de 150% de ses émissions de gaz à effet de serre dans les 30 prochaines années, selon l'OMT. Exemple : près de la moitié des 898 millions de touristes qui ont sillonné la planète en 2007 ont opté pour l'avion, responsable de 40% des émissions de CO2 engendrées par le tourisme.
Faudra-t-il pour autant renoncer à voyager? "Le tourisme durable, ce n'est pas la réduction des voyages, qui serait une immense régression, mais c'est voyager autrement, à un rythme différent", estime Jean Viard, sociologue spécialisé dans le tourisme.





