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Faune et flore

Maki

Morceau de terre situé entre l’Afrique et Madagascar, Mayotte s’est enrichie d’apports biologiques des deux côtés. Encore préservée d’un développement économique excessif – pour combien de temps ? – cette île est vraiment une destination « nature ». Sur terre comme dans le lagon, on y trouve en abondance une faune et une flore originales et riches.

Faune terrestre

Mayotte compte un nombre restreint de mammifères terrestres. Les plus remarquables sont sans doute la roussette, Pteropus seychellensis comorensis, endémique des Comores et le lémurien, Eulemur fulvus mayottensis, endémique de Mayotte et appelé communément «maki»..

Les oiseaux terrestres comptent 35 espèces résidentes dont 2 espèces endémiques, le souimanga de Mayotte (Nectarinia coquereli) et le drongo de Mayotte (Dicrurus waldenii) ainsi que 2 espèces et de nombreuses sous espèces endémiques de l’archipel des Comores qui renforcent encore l’intérêt patrimonial de l’avifaune mahoraise.
Le Musée Royal pour l’Afrique Centrale (MRAC), qui a publié de nombreux articles scientifiques et ouvrages sur l’avifaune de l’archipel, participe actuellement aux côtés d’ESPACES à l’élaboration d’un atlas des oiseaux forestiers de Mayotte.

Les reptiles de Mayotte comptent 4 espèces de serpents, 13 espèces de lézards dont un caméléon endémique de l’île ( Furcifer polleni), 3 espèces de scinques dont une sous espèce endémique (Cryptoblepharus boutonii mayottensis) et 9 espèces de geckos dont 4 nocturnes et 5 diurnes. Parmi ces derniers on trouve 3 espèces endémiques :   Phelsuma pasteuri, Phelsuma nigristriata et Phelsuma robertmertensi.

Les batraciens de Mayotte sont représentés par 2 espèces arboricoles de petite taille (5 cm) : une rainette (Boophis tephraeomystax) et une grenouille (Mantidactylus granulatus).

Chez les invertébrés, les papillons et les araignées sont les groupes qui ont été le plus étudié à Mayotte, notamment par les scientifiques du MRAC.

Parmi les nombreuses espèces d’araignées présentes à Mayotte la plus curieuse est sans doute la mygale (Idioctis   intertidalis) que l’on trouve dans la vasière des badamiers en Petite Terre. Elle résiste aux marées qui submergent la vasière en fermant la cavité qu’elle occupe dans les rochers à l’aide d’un clapet étanche.

Parmi les 93 espèces de papillons de jour qui volent dans l’archipel des Comore, 46 espèces sont présentes à Mayotte dont 6 endémiques. Il s’agit de Henotesia mayottensis, Neptis mayottensis, Charaxes saperanus, Azanus sitalces mayotti, Eagris sabadius isabella et Tagiades insularis mayotta.

Pas d’animaux terrestres dangereux à Mayotte : les seuls qui représentent un danger sont les zébus et les chèvres qui gambadent sur les bords de route et peuvent traverser intempestivement ! Prendre quand même garde aux scolopendres ces espèces de mille-pattes aux piqûres très douloureuses et, bien entendu, aux moustiques susceptibles de transmettre paludisme, dingue ou chikungunya (début 2008 ce risque est faible).

Faune marine

Mille kilomètres carrés d’océan protégés par une barrière récifale de plus de 150 km avec des profondeurs allant jusqu’à 70 mètres sont un véritable sanctuaire pour de nombreux cétacés. Deux espèces se distinguent : les mégaptères ou baleines à bosse et les dauphins.
L’autre habitante du lagon, visible à quelques mètres du rivage ou directement sur la plage quand elle vient y pondre : la tortue marine.

Les baleines à bosse

Les baleines à bosse ne sont pas les plus grandes des baleines. Mais elles sont parmi les plus spectaculaires car elles sont les seules à effectuer des sauts prodigieux en sortant totalement hors de l’eau. Le lagon leur sert de nurserie ; après la mise à bas les femelles viennent à l’abri du récif nourrir leur petit et l’éduquer afin de le préparer à la grande migration antarctique durant l’été austral. C’est pourquoi on ne peut voir ces mégaptères que de juillet à octobre.

Les dauphins

Joueurs, espiègles les dauphins présentent l’avantage d’être présents toute l’année dans le lagon de Mayotte. On peut même les observer de la côte et notamment de la Pointe Koungou.

Une douzaine d’espèces de dauphin vivent ici. Les plus nombreux et les plus souvent rencontrés : les dauphins à bosse, le grand dauphin, le dauphin à long bec, le dauphin tacheté, ces deux derniers évoluant plutôt à l’extérieur du lagon.
Il y a aussi le dauphin de Fraser, le pseudorque, le globicéphale tropical, le dauphin de Risso, dauphins du grand large.

Deux organismes étudient ces cétacés : c’est l’Observatoire des Mammifères marins de Mayotte, coordonné par la DAF (direction de l’Agriculture et de la Forêt) et le Centre de recherche sur les Ecosystèmes Littoraux Anthropisés de l’Université de La Rochelle financé en partie par le Conseil Général de Mayotte.

Les tortues marines

Sur les huit espèces de tortues marines recensées dans le monde, 5 sont présentes dans le sud-ouest de l’Océan indien. Deux espèces fréquentent les eaux du lagon de Mayotte :

  • La tortue verte (chelonia mydas) : bec denticulé et rond, 2 écailles préfrontales (entre les deux yeux), 108 cm en moyenne, 130 à 250 kg, herbivore
  • La tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) : bec crochu et pointu, 4 écailles préfrontales, 87 cm en moyenne, 80 à 130 kg, plutôt carnivore.

Il est évidemment interdit de les toucher. Il faut rester très discret lors de la sortie de l’eau et de la ponte : pas de bruit ni de lumière et encore moins de flash. Si vous les suivez quand elles retournent vers l’eau après la ponte, placez-vous derrière elles.
A Mayotte toutes les tortues sont protégées par un arrêté préfectoral du 7 août 2000

Flore

Malgré l’exiguïté et la facilité de prospection de l’île et des îlots périphériques, la flore de Mayotte a été peu étudiée jusqu’à la fin du siècle dernier. C’est en effet à partir de 1995 que des inventaires botaniques systématiques organisés par le Service Environnement et Forêt de la Direction de l’Agriculture et de la Forêt ont permis d'identifier et de décrire les derniers vestiges de végétation naturelle de l'île. Ces travaux ont été conduits sur le terrain par Olivier Pascal de 1995 à 1997 avec l’appui du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, du Conservatoire Botanique des Mascarins de l’île de La Réunion et de l’Institut Botanique de Montpellier.

Ces études ont permis d’estimer le nombre d’espèces vasculaires indigènes à 629 et le nombre d’espèces introduites à environ 350, soit près de 1000 espèces en tout.
La diversité floristique est caractérisée par un nombre de familles et d'espèces élevé pour une île de cette taille et par un endémisme faible.

Il ressort de ces chiffres que si la flore de Mayotte est pauvre en espèces endémiques strictes, l'île bénéficie d'une richesse floristique très importante pour sa superficie: on y trouve autant de familles de Phanérogames qu'à l'île Maurice, une île cinq fois plus grande que Mayotte et la diversité générique est plus importante qu'aux Galapagos ou qu'aux îles Hawaï. Mayotte possède un des nombres d'espèces au km² le plus élevé des îles considérées. Mayotte a notamment un nombre d'espèces sensiblement équivalent à celui de Saô Tomé, deux fois plus étendue, située dans le golfe de Guinée à environ 350 km des côtes africaines, distance équivalente à celle qui sépare Mayotte de Madagascar.

Les espèces d'origine malgache sont trois fois plus nombreuses que celles d'origine africaine. Ces caractéristiques et l'histoire géologique de Mayotte permettent à Olivier Pascald'avancer une hypothèse sur l'origine et l'établissement de la flore sur l'île : une première vague de migration d'origine essentiellement malgache à la fin du Tertiaire; ce stock ancien d'espèces a dû considérablement se réduire lors du volcanisme explosif récent ( -0,5 MA) suivi par une reconstitution de la flore à partir d'éléments malgaches, puis un apport très récent d'espèces africaines (à partir de -10 000 ans) qui perdurent surtout dans la composante côtière et sèche de la végétation de Mayotte.

Ce que l’on trouve principalement à Mayotte :

  • Le cocotier
  • Le caféïer
  • Le manguier
  • Le baobab
  • Le fromager ou Kapokier
  • Le badamier
  • Le jacquier
  • L’ylang-ylang
  • L’arbre à pain
  • Le natte
  • Le bois noir
  • La lantana camara (la corbeille d’Or), jolie « peste végétale » qui envahit tous les talus dès qu’il recommence à pleuvoir

Laurence de Susanne - IleMayotte.com