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A la rencontre des dauphins et des sternes

Dauphin stenelle long bec

Une centaine de dauphins « stenelles », des sternes posées sur un petit îlot blanc moins connu que celui de la Pointe de Saziley, des crabiers blancs dans la mangrove : des rencontres possibles toute l’année à Mayotte

Dauphins, tortues, baleines, quelques dogons et même des cachalots : la faune – et notamment les mammifères - du lagon de Mayotte est d’une richesse et d’une diversité exceptionnelles.
Pour certains de ces animaux, la rencontre est fréquente et a lieu sur toute l’année. C’est  le cas des dauphins. D’autres sont concentrées sur quelques mois de l’année (juillet à fin octobre pour les baleines) ou exceptionnelles (dugongs, cachalots, requins).

Départ à 8h30 du ponton du port de plaisance de Mamoudzou sur le bateau fabriqué en Chine sur plan original de Sea Blue Safari. Taud (=bâche plastifiée qui permet d’être le plus souvent à l’ombre) et banquettes aux coussins confortables. Aux commandes : Nils Bertrand. Petit « brief » du skipper pour expliquer le déroulement de la journée.

Premier arrêt à l’îlot M’Tsongoma

Direction, le nord, vers la Pointe de Douamonyo, appelée souvent presqu’île d’Handrema, du nom du village blotti dans l’anse qui la précède. Nous longeons la côte.

Premier arrêt à l’îlot M’Tsongoma, face à M’Tsangamboua, hérissé d’un amer blanc. Petite plage et surtout  beau tombant à une trentaine de mètres au nord de son rivage. Palmes, masque, tuba. Coraux, petits poissons multicolores et une tortue imbriquée qui fouine dans le corail.

Tout le monde réembarque, sans précipitation.

Ils sont une centaine

Prochaine étape : les dauphins. Chacun est prié d’écarquiller les yeux.

Bien après la pointe de Douamonyo, et l’îlot M’Tsamboro, en direction de la grande barrière de corail, tout d’un coup des jaillissements d’eau, comme d’énormes éclaboussures. Puis, très vite, de tous  côtés, des ailerons et des dos gris et luisants. Ce sont des dauphins « stenelles » dont il existe deux sortes : les stenelles tachetés – ce sont ceux-là qui maintenant batifolent devant l’étrave du bateau – et les stenelles à long bec que nous verrons aussi. Ils sont une centaine : nous resterons près d’une heure à les observer, moteur au ralenti. Mais sans nager avec eux car c’est une espèce qui n’apprécie pas cette proximité avec l’homme.

Nous les quittons avec regret.

Cap vers l’îlot blanc « aux sternes »

Cap au sud vers l’ « autre » îlot blanc de Mayotte, moins connu que celui du sud-est de l’île situé près de la pointe de Saziley.
Nous le baptiserons : l’îlot aux sternes, du nom de ces oiseaux qui recouvrent totalement ses 800  m2 et qu’on appelle aussi « les hirondelles de mer ».
A notre arrivée, pourtant très discrète, ils s’envoleront puis se reposeront dès que nous nous éloignons. Spectacle féerique, d’une grande beauté. Les sternes noirs – en forte minorité - ne se mélangent pas avec la colonie de sternes blancs.
Pose sur l’îlot : on se laisse brasser par les vaguelettes. Nils nous avertit : attention au courant. Et nous rappelle que tout doit rester intact : il est strictement interdit de prélever des coquillages.

Derrière nous, vers le nord, le grand îlot de M’Tsamboro dont nous apercevons la belle plage de sable jaune clair d’Antakoudja,  et les îlots Choazil, avec la longue langue de sable blanc étincelant.

Il est 13h 30. Nils choisit de poser l’ancre sur la plage du Préfet pour le pique-nique/déjeuner. Sieste, lecture, échanges.

Au retour, plongée dans la mangrove de Bouyouni. Prenez la carte IGN : on voit très bien qu’un chenal permet de remonter…jusqu’à la route nationale. Moteurs au ralenti. On a changé en quelques secondes d’univers : eau trouble et verte, cris d’oiseaux (un crabier blanc ?), racines torturées des palétuviers, crabes violonistes, périophtalmes (petit poisson amphibie et sauteur)…Nils Bertrand nous explique l’importance du rôle de la mangrove. L’érosion naturelle apporte des sédiments vers la mangrove ; à celle-ci s’ajoutent tous les déchets provenant de l’homme. La mangrove fixe dans ses racines boues et déchets, sert de filtre. Et l’eau du lagon retrouve sa clarté quelques dizaines de mètres plus loin. La mangrove protège aussi la terre de la mer : contre la houle et les cyclones. Enfin elle sert de pouponnière pour de nombreuses espèces qui viennent y pondre.
La mangrove appartient au domaine public maritime et ne doit en aucun cas être modifiée (coupe de palétuviers, remblais…) ni souillée.

C’était le dernière étape de notre journée : nous posons le pied sur le ponton du port de Mamoudzou à 17h.

Laurence de Susanne - IleMayotte.com